Non à l’interdiction de la burqa le 7 mars

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Le 7 mars, nous voterons sur l’interdiction de la burqa (initiative « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage »). Dans une société libérale, les règles vestimentaires n’ont pas leur place. L’initiative n’est qu’une provocation contre les musulman•e•s et crée ainsi des fossés sociaux là où il n’y en a pas. Campax dit donc fermement NON à l’interdiction de la burqa.

C’est pourquoi nous disons CLAIREMENT NON le 7 mars:

Campax s’oppose à l’interdiction de la burqa (initiative « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage »). De notre point de vue, voici les arguments les plus importants contre l’initiative :

  • Non à l’atteinte à nos libertés : Les codes vestimentaires n’ont pas leurs places dans la Constitution d’une société libérale. Tout le monde peut s’habiller comme il ou elle veut. On doit pouvoir tolérer que les autres s’habillent différemment de ce que l’on pense être juste. Car nous avons le droit de faire ce que nous voulons – en autant que l’on ne fait pas de mal à personne. La question de savoir comment chacun reçoit le port du voile islamique, et y réagit, ne joue donc aucun rôle dans le débat sur l’initiative.
  • Non à une initiative superflue : On estime que 20 à 30 femmes portent un niqab en Suisse ; aucune ne porte une burqa. Contraindre une femme à se dissimuler le visage constitue déjà une infraction punissable. Les initiateurs engagent donc par là une polémique stérile.
  • Non à la xénophobie vis-à-vis des musulman•e•s : L’initiative vient du Comité d’Egerkingen, qui est également à l’origine de l’initiative anti-minarets. Une fois de plus, on focalise sur un détail, vestimentaire dans ce cas, pour fomenter des stéréotypes sur l’Islam et engendrer ainsi la peur et la haine. Avec pour conséquence que les musulman•e•s éprouvent une attitude hostile et se replient sur soi. De cette façon, l’initiative encourage l’intolérance et crée des fossés sociaux là où il n’en existe pas.
  • Non à la fausse politique d’égalité : Les initiant•e•s prétendent se battre pour plus d’égalité. Mais on ne libère pas les femmes en leur interdisant quelque chose. L’idée selon laquelle les femmes musulmanes devraient être libérées par l’État parce qu’elles ne sont pas en mesure de décider elles-mêmes de leur habillement est en fait très patriarcale et misogyne. Ces mêmes politicien•ne•s rejettent également les mesures pour une égalité des salaires, contre la violence domestique ou pour des structures d’accueil de jour supplémentaires pour la famille. Cela démontre les véritables motivations des initiateurs et initiatrices: On ne se préoccupe pas de l’égalité, mais uniquement de la propagande politique.
  • Non à l’atteinte à nos droits fondamentaux : Porter un symbole religieux est une expression de la liberté de croyance et donc un droit fondamental. Selon notre constitution, les droits fondamentaux ne peuvent être restreints que si un intérêt public le justifie et si la restriction est proportionnée. Donc l’interdiction de la burqa ne présente dès lors aucune justification : Une interdiction générale de la burqa imposée constitue un faux problème. Elle en devient inconstitutionnelle. Cela est particulièrement problématique car ici la majorité restreint les droits fondamentaux d’une minorité. Cependant, la protection des minorités est l’une des pierres angulaires d’une démocratie. Car une société démocratique n’est forte qu’en autant que ses membres les plus faibles le sont.

Si l’initiative est rejetée, la loi fédérale sur le voilement du visage entrera en vigueur comme contre-proposition indirecte, soumise à référendum. Elle prévoit l’obligation de découvrir ses traits afin de s’identifier auprès des autorités ou des employé•e•s des transports publics. Il contient également des dispositions visant à améliorer l’égalité dans la loi sur l’égalité des genres, la loi sur les étrangers et l’intégration, ainsi que sur la coopération internationale au développement et l’aide humanitaire.

Le 7 mars, NON à l’initiative « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage » (interdiction de la burqa).

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Foto: Gerd Altmann

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